Rubriques

PRESENTATION DE L’INDICE DE POSITIVITE DE L’ECONOMIE 2016

1          Classement général

Le classement des pays des pays de l’OCDE selon leur indice de positivité maintient en 2016 les grands équilibres de 2015. Ainsi, le trio de tête constitué par la Norvège, la Suède, et les Pays-Bas, est inchangé et la Grèce reste en queue de peloton. L’Allemagne reste dans le premier tiers (10ième place en 2016). La France reste quant à elle à la 18ième place du classement, toujours au coude à coude avec l’Espagne (19ième). Ces trois pays voient néanmoins leur score augmenter légèrement (+1 point), ce qui dénote une tendance qui va dans le bon sens. L’Italie perd une place et passe de la 29ième à la 30ième position dans l’indice de 2016. Son score est néanmoins inchangé : il ne s’agit pas tant d’un recul que d’une stabilisation après le fort recul entre 2014 et 2015 (-3 point de score, et -5 place au classement).

indice 2016 1

 

Remarque importante : l’indice de positivité mesure les évolutions sur le long-terme des pays. Il serait erroné de dire que l’évolution entre 2015 et 2016 serait causée par telle ou telle réforme dans un pays donné. En effet, certaines variables composant l’indice global ne sont mesurées qu’avec retard.

2          Evolution de la France

La décomposition du score de la France selon les trois formes d’altruisme au cœur de l’indice de positivité montre que le pays est pénalisé par une relative faiblesse dans la prise en compte de la solidarité intergénérationnelle : la France gagnerait à plus et mieux investir en faveur du long-terme.

 

A un niveau encore désagrégé de l’indice, on remarque surtout un point fort du côté des connections entre les territoires, et un point faible concernant l’éducation, malgré la légère amélioration en 2016 principalement due à la baisse tendancielle de la part de NEETs dans la population des jeunes. On observe aussi en 2016 une amélioration concernant la composante de gouvernance, qui est due notamment au maintient d’un taux de participation relativement élevé aux élections, et à une légère progression dans le score obtenu auprès de Transparency International dans son indice de perception de la corruption. Il s’agit là d’un élément clé tant la transparence est facteur de confiance et permet la construction d’un contrat social prenant en compte les générations futures.

 

Ces éléments encourageants appellent à plus d’efforts pour maintenir la trajectoire de la France en matière de positivité, d’autant que le pays compte également certaines faiblesses : outre l’éducation déjà évoquée, la solidarité entre les territoires (aide internationale…) qui mesure la propension du pays à s’ouvrir aux autres reste globalement assez faible. Le pays gagnerait aussi à être plus dynamique : malgré la reprise en 2015, la croissance économique est restée inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE.

indice 2016 3

3          Evolution de l’Italie

Depuis les premières éditions de l’indice de positivité, l’Italie est relativement mal classée, ce qui se confirme dans l’édition 2016 de l’indice. On remarque en particulier que le pays est pénalisé tant par sa capacité à prendre en compte les générations futures que par l’équilibre de son territoire.

 

Le pays est notamment tiré vers le bas par sa capacité à investir dans l’avenir : la formation brute de capital fixe ne constitue que 17% du PIB, contre près de 21% en moyenne dans l’OCDE et les performances en matière d’éducation restent en-deçà de la moyenne de l’OCDE, ce qui ne facilite pas l’intégration des jeunes sur le marché du travail : la part des NEETs reste particulièrement élevée (35% chez les 20-24 ans en 2014).

 

Indice 2016 4

4          Remarques sur la construction de l’indice 2016

Comme pour l’indice 2015, il n’a pas été possible de mettre à jour toutes les sous-composantes  de l’indice, car certaines données n’ont pas été mises à jour. Il s’agit des 3 variables issues de l’exploitation de l’enquête PISA qui interviennent dans la construction de l’éducation positive, et des variables exploitant le World Value Survey (confiance, tolérance, liberté d’action) qui sont utiles pour construire les composantes de dynamisme et d’inclusion sociale. Pour ces variables, les dernières valeurs connues ont été reprises. Il faut donc interpréter avec prudence l’évolution des dimensions correspondantes de l’indice de positivité.

 

Une quatrième variable issue du World Value Survey mesurant la santé subjective des individus a été remplacée par un indice de santé subjective inclus dans le Better Life Index de l’OCDE, afin de limiter le nombre d’indice n’évoluant pas. Ceci a été répercuté sur les indices 2014 et 2015 par cohérence.

 

A noter que la prochaine vague de l’enquête PISA sera publiée en décembre 2016 et pourra donc être exploitée.